Rachats d’actions : Une ingénierie financière qui profite à l’actionnaire

Principe et intérêts des rachats d'actions

Ingénierie financière très courante chez les anglo-saxons, les rachats d’actions consistent à assécher le capital en diminuant le nombre d’actions en circulation. En 2014, les entreprises du S&P 500 ont dépensé 553,27 milliards de dollars en rachats d’actions contre 475,59 milliards de dollars en 2013. Depuis 2009, cette frénésie surfe sur une tendance haussière. Sur les trois trimestres de 2015, ils s’élevaient actuellement à 426,27 milliards de dollars. Cela profite naturellement à l’actionnaire même s’il ne faut pas occulter certains mauvais côtés.

Les avantages des rachats d’actions

Avec un nombre réduit d’actions en circulation, le capital de l’entreprise cotée dilue ou diminue mécaniquement. Ce qui a pour effet :

  • Une augmentation immédiate du bénéfice net par action (BPA)
  • Une maintien du PER (Price Earnings Ratio) pour le rendre son cours attractif au yeux des investisseurs
  • Une amélioration de la rentabilité financière sous certaines conditions
  • Un réajustement à la hausse du cours de Bourse en raison de l’appréciation positive du consensus
  • Une augmentation de la valeur économique ajoutée (EVA: Economic Value Added)

Au bout du compte, le management de l’entreprise veut créer un effet de levier sur le cours de Bourse comme si leurs actions avaient une prime de rareté. Sous la pression des gros actionnaires, il peut recourir à cette ingénierie financière au lieu d’augmenter le dividende.

Les actionnaires visés et une mesure anti-OPA

Les buts des rachats d’actions sont de fidéliser leurs actionnaires, gagner leur confiance et donner des signaux positifs à M. le Marché qui est toujours impatient et exigeant. Globalement et sans être naïf, la création de la valeur actionnariale fait partie du cœur stratégique de toute entreprise cotée en Bourse. Dans les discours des managements, vous verrez qu’ils feront en sorte de prendre soin de leurs actionnaires.

Par ailleurs, ses opérations financières peuvent être considérées une tactique défensive contre une possible OPA amicale ou hostile. En diminuant le nombre d’actions en circulation, cela permet de verrouiller le capital ou conformer les principaux actionnaires qui sont en harmonie avec l’entreprise. L’indépendance financière a malheureusement un prix.

Les mises en garde des rachats d’actions

Les rachats d’actions peuvent apporter leur lot de mauvaises surprises dont l’actionnaire ferait mieux de ne pas les négliger à l’avenir :

  • Après l’opération de rachat, le capital diminue mais les dettes ne sont pas impactées. Cela signifie que l’effet de levier (dettes/capitaux propres) augmente.
  • Une entreprise ayant trop souvent recours à cette ingénierie financière, serait la preuve de son incapacité à trouver des relais de croissance future pour sa survie dans les prochaines décennies. Un moment donné, M. le Marché va se poser des questions puis ce sera au tour des actionnaires.
  • Une baisse de la rentabilité financière si les entreprises conservent leur trésorerie placée dans des fonds monétaires ne rapportant pratiquement rien et se financent à 100 % en fonds propres.

Conclusion générale

Les rachats d’actions sont une ingénierie financière qui n’est pas à mettre à la cave parce qu’elle profite à court et long terme pour l’actionnaire. L’Oracle d’Omaha, Warren Buffett les apprécie à condition que les fondamentaux de l’entreprise soient solides. Cependant, son mécanisme peut être destructeur si le management de l’entreprise en question se lance à corps perdu pour soutenir à tout prix le cours de Bourse. De fait, cela prouvera qu’il s’écarte de la stratégie de long terme et les actionnaires verront d’un mauvais œil.

Enfin, en diluant le capital, les rachats d’actions sont un moyen de réduire des futures velléités de rachat de la part des prédateurs voulant augmenter leurs parts de marché et rassurent les actionnaires actuellement en place. Pour les petits porteurs, tout dépend de leur sensibilité : certains seront plus attirés par la plus-value immédiate et d’autres voudront maintenir la confiance du management en place.

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Sovanna Sek
Sovanna SEK est un investisseur de long terme passionné par la Bourse avec pour modèle, Warren Buffett. Il vous donne des conseils pratiques pour construire et gérer un portefeuille boursier rentable sur le long terme.

Il est également un défenseur de la stratégie buy and hold et de l'or.

2 commentaires on “Rachats d’actions : Une ingénierie financière qui profite à l’actionnaire”

  1. Bonjour !

    Le rachat d’actions sert aussi à utiliser de la trésorerie pléthorique quand il n’y a pas d’opportunités d’investissement (de rachat d’autres boîtes) ou quand on ne veut pas sortir des bénéfices imposables dans un pays communiste (comme la France qui taxe tout ce qui bouge).

    Donc, dans un sens, une société qui rachète ses propres actions pour écouler des liquidités trop importantes c’est pas mal aussi. Mais il ne faut pas que cela se fasse par une obligation de vendre ses actions quand on est un petit porteur. Il faut que ce soit des rachat sur le marché.

    Enfin, parfois on peut refuser. Dans ce cas cela peut être intéressant, comme avec Richel Serres, par exemple. Mais il faut se renseigner et vérifier que les actions ne seront pas retirées de la cote.
    Michel de Trading-Attitude Articles récents…Stan Weinstein explique comment gagner en bourse grâce au momentumMy Profile

  2. Bonjour,

    Je ne doutais pas de la pertinence fiscale de cette ingénierie financière. Pour savoir si le capital actionnarial n’est pas asséché, il suffit de vérifier les états financiers dans les annexes. Malheureusement, personne n’y regarde guère.

    Cordialement.

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