PEG et VE/EBITDA : 2 ratios boursiers de valorisation

Après le PER (Price Earnings Ratio) qui sert à évaluer la cherté de l’action, je vais vous dévoiler deux ratios boursiers alternatifs. Toutefois, vous devez faire le bon tri parce qu’ils ne sont pas forcément adaptés à tous les titres cotés en Bourse. De plus, ils sont très peu relayés par les médias financiers sous prétexte que c’est compliqué à comprendre pour un investisseur particulier ayant une faible culture financière.

À l’opposé, les sites boursiers font leur travail sauf qu’en règle générale, c’est expliqué de manière conventionnelle ou comme une lettre à la Poste. Avec mon blog, vous pouvez les retrouver facilement via les tags et les catégories associées avec des explications détaillées tout en allant à l’essentiel.

Le Price Earnings Growth, un ratio boursier valorisant le taux de croissance future de l’entreprise

Le Price Earnings Growth (PEG) est un ratio boursier qui met en avant en plus de la capacité bénéficiaire de l’entreprise, le taux de croissance moyen des bénéfices sur une longue période. Il est très utilisé pour évaluer des entreprises à forte croissance.

En gros, l’avantage du PEG est que l’évaluation de l’action se fasse sur deux critères financiers pour le prix d’un. Mathématiquement, il se calcule par le rapport entre le PER et le taux de croissance annuel des BPA (Bénéfice net par action).

Price Earnings Growth = Price Earnings Ratio / Taux de croissance moyen du BPA sur 5 ans

Interprétations générales :

– PEG < 0,75. L’action est sous-valorisée.

– 0,75 < PEG < 1,25. La valorisation de l’action se situe dans une fourchette basse à correcte.

– 1,25 < PEG < 2. La valorisation de l’action se situe dans une fourchette correcte à haute.

– PEG > 2. L’action est survalorisée.

Vous avez souvent tendance à privilégier le rendement qui apporte un confort passif. Ce n’est pas une critique mais un constat qui s’affirme dans la durée. Je dirais même plus que c’est une tradition dans les pays où la culture financière est faible.

Dommage parce que les valeurs de croissance (si vous faites le bon choix) contribuent sensiblement à la performance de votre portefeuille boursier.

Selon vous, c’est trop compliqué. Vous êtes méfiant. Vous pensez qu’elles font des promesses sans lendemain en matière de bénéfices alors qu’elles ont un business tangible. Rien n’y fait. Le souvenir des entreprises de la bulle Internet reste ancré dans vos têtes. C’est humain. Et je peux vous comprendre.

Mais vous oubliez que la Bourse a évolué en matière de transparence financière. Quel que soit leur profil de croissance, les entreprises ne peuvent pas se permettre de ternir leur image. Puis je vois mal des PDG mettre en danger leur carrière. Vous devez relativiser.

Ce qui est génial avec le PEG, c’est qu’il permet de vous éviter de faire de fausses conceptions sur les Price Earnings Ratio élevé. Comme pour ce dernier, vous devez l’utiliser en comparant plusieurs entreprises du même secteur d’activité tout en vérifiant leur santé financière. Oui, je sais que c’est chiant de le répéter. Malheureusement, il y a toujours des erreurs à droite et à gauche.

Le VE/EBITDA, attention à l’illusion comptable

Le VE/EBITDA est un ratio boursier permettant de valoriser le cycle opérationnel ou économique de l’entreprise.

Au numérateur, la Valeur d’Entreprise est obtenue par la somme de la capitalisation boursière et des dettes financières en déduction des liquidités. Elle est souvent considérée comme la valeur réelle de marché d’une entreprise cotée en Bourse.

Au dénominateur, l’EBITDA (Earnings Before Interest, Taxes, Depreciation and Amortization) est en bon français, le résultat d’exploitation sans prendre en compte de tout ce qui emmerde l’entreprise. C’est-à-dire les amortissements, les dépréciations et les provisions. D’un autre côté, il donne un aperçu réel de l’activité de l’entreprise.

Valeur d’Entreprise = Capitalisation boursière + Dettes financières – Liquidité et Investissement à court terme + (Intérêts minoritaires + Actions préférentielles)

EBITDA = Chiffre d’affaires – Coût des biens vendus – Frais commerciaux, administratifs et généraux – Recherche & Développement

ou

EBITDA = Résultat net + Impôts + Charges d’intérêts + (Amortissements, Dépréciations, Provisions)

Si ce ratio de valorisation est faible, meilleure est sa rentabilité. Cependant, un EBITDA trop élevé est souvent masqué par de la dette dont les charges d’intérêts ne sont pas incluses. Ainsi, soyez sur vos gardes.

Pour en avoir le cœur net, je vous suggère de calculer le delta entre l’EBITDA et l’EBIT qui est réellement le résultat d’exploitation. Si c’est le cas, vous avez de fortes chances d’avoir à faire à une entreprise qui a des difficultés financières. Espérons que ce soit à cour terme.

Comme pour le PER ou le PEG, vous devez le comparer avec des entreprises du même secteur d’activité.

Petit aparté sur l’EBITDA

Inventé de toute pièce par Wall Street, l’EBITDA est très prisé par la majorité de la communauté financière. Elle aime bien raisonné en brut. Elle veut voir le bon côté en occultant les éléments financiers les plus dérangeants. Elle pense que cela va se résoudre dans le temps.

Warren Buffet, lui, pense le contraire. Lors des différents assemblées générales de son entreprise Berkshire Hathaway, il répète que l’EBITDA est fait pour favoriser la manipulation comptable en faisant croire que l’entreprise gagne plus alors qu’en réalité. Des zones d’ombre se cachent.

Personnellement, je partage son avis. Non parce que c’est Warren Buffett qui le dit. C’est simplement du bon sens si vous lisez bien les documents comptables.

Deux façons différentes de valoriser une action mais…

Si vous avez bien retenu la leçon.

Le PEG valorise mieux la croissance des bénéfices. Le VE/EBITDA met en avant la partie opérationnelle de l’entreprise. Cela change de l’habituel PER. Après, dire que ce sont des ratios boursiers parfaits me semble excessif.

En matière de valorisation d’une action, vous n’aurez jamais le truc parfait. Ce que je dis, c’est un peu tiré par les cheveux. Pour faire simple, le PER, le PEG, le VE/EBITDA et etc… auront toujours des avantages et des inconvénients.

Moi, je vais vous faire une confidence. Les ratios de valorisation ne sont pas une motivation à l’achat. Certes, je les regarde quant même mais c’est plus un concept marketing pour les professionnels de la finance.

Mais en tant qu’investisseur de long terme, est-ce si important ? En accumulant de la bouteille sur les marchés financiers, je les réduis en miettes. Sur mon portefeuille boursier, j’ai généralement des actions avec des contre-exemples de niveau de cherté.

Voilà le mot de la fin. J’espère que mes explications sur ces deux ratios boursiers vous éclaireront sur la manière de valoriser une action cotée en Bourse. Sachez que ce ne sont pas des signaux d’achat ou de vente. Je dirais plutôt que ça peut compléter votre l’analyse fondamentale, surtout si vous êtes un investisseur de long terme.

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Sovanna Sek
Sovanna SEK est un investisseur de long terme passionné par la Bourse avec pour modèle, Warren Buffett. Il vous donne des conseils pratiques pour construire et gérer un portefeuille boursier rentable sur le long terme.

Il est également un défenseur de la stratégie buy and hold et de l'or.

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