Comment évaluer la solidité du dividende d’une action : 6 critères à scruter

Le dividende est le cœur sensible de l’investisseur. C’est une rémunération contre le risque. Vous pouvez le considérez comme un complément à votre salaire ou votre pension de retraite. Par les temps qui courent, ce n’est pas négligeable.

Ok ! C’est bien d’en toucher mais pas une fin en soi pour investir en Bourse. Il est important de bien évaluer la solidité du dividende d’une action sur le long terme.

6 critères pour évaluer la solidité du dividende d’une action

En cas de correction ou de krach boursier sur le marché actions, le dividende peut servir d’airbag. Il a son importance dans la sélection de valeurs. Sur le long terme et en fonction du cycle boursier, sa volatilité est moins forte que celle des bénéfices nets.

À partir de nombreuses analyses de bilans financiers d’entreprises cotées en Bourse, voici 6 critères vous permettant d’avoir une meilleure idée de la solidité du dividende d’une action.

Critère n°1 : Une croissance régulière des dividendes sur une longue période

Si l’entreprise parvient à augmenter régulièrement le dividende sur une période entre 5 et 7 ans, c’est que son business dégage des bénéfices. C’est déjà un bon point pour dénicher une belle affaire. D’autre part, le management se préoccupe de la création de valeur pour les actionnaires et la pérennité financière de l’entreprise.

Critère n°2 : Le payout ratio (dividende / bénéfice net)

Le payout ratio correspond au pourcentage de distribution du dividende par rapport à ses bénéfices. On peut également le considérer comme un baromètre de la générosité de l’entreprise envers ses actionnaires.

Si ce seuil dépasse théoriquement sur une longue période la fourchette des 70 %. Vous pouvez avoir des doutes sur les perspectives de croissance de l’entreprise et sa pérennité financière. L’autre hypothèse est que les gros actionnaires ont une influence notable sur le management.

Ceci dit, un faible pourcentage de ce ratio ne signifie pas que tout est rose pour l’entreprise. En effet, il se peut que le management en question a des doutes sur ses perspectives de croissance. Ma préférence serait de combiner ce ratio avec une analyse sectorielle et du bilan financier.

Critère n°3 : Un free cash flow supérieur au montant total du dividende

La solidité du dividende d’une action passe par cette équation. Cela signifie que l’entreprise aura la marge de manœuvre d’en distribuer aux actionnaires à partir d’une trésorerie importante. Sachez que le free cash flow est l’élément le plus important que regardent la majorité des investisseurs professionnels. Tout simplement, c’est le poumon de l’entreprise.

Dans le cas contraire, la prudence est de mise. L’entreprise pourrait avoir la tentation de recourir à la dette pour maintenir le dividende à ses actionnaires. Effectivement, ce n’est pas très sain à moyen-long terme pour sa santé financière. Elle pourrait cacher ses faiblesses fondamentales. Mais tôt ou tard, les actionnaires s’en apercevront.

Critère n°4 : Une tendance haussière des BPA (Bénéfices Net Par Action) sur une longue période

Dans « Warren Buffett Et L’Interprétation Des États Financiers de Mary Buffett et David Clark », le célèbre investisseur américain avoue que c’est une des preuves comptables de la solidité financière de l’entreprise. C’est également un critère important pour dénicher une entreprise ayant un avantage compétitif durable.

Critère n°5 : Le ratio dettes / fonds propres

Ce n’est pas un ratio financier qui mesure le niveau d’endettement d’une entreprise. À force d’écouter les médias, vous vous trompez.

En vérité, elle permet de savoir si l’entreprise a une préférence pour la dette pour financer la croissance de ses activités au détriment de ses capitaux. Plus l’endettement est élevé, plus les investisseurs seront exigeants sur la rentabilité. Cela pourrait compromettre le versement du dividende si l’effet de levier n’est compensé.

L’idéal serait que l’entreprise a moins de dettes financières par rapport à ses capitaux propres. Elle se portera mieux et aura peu de comptes à rendre à ses créanciers. Au final, les actionnaires pourront peser de leur poids sur la stratégie de l’entreprise.

Critère n°6 : La solvabilité globale à ne pas négliger pour la pérennité du dividende

La solvabilité globale de l’entreprise est un critère peu relayé par la communauté financière. C’est le rapport entre les capitaux propres et le total des actifs. Elle indique le pourcentage de dépréciation d’actifs pour mettre l’entreprise sur la paille.

Si les dépréciations d’actifs s’avèrent importantes, il y a une probabilité qu’une réduction ou une suppression du coupon soit possible.

À titre personnel, les capitaux propres doivent représenter au moins 30 % du total des actifs. Enfin, l’auteur du livre « Stop ! Tirons les leçons de la crise », Olivier Berruyer suggère un ratio de solvabilité pour les entreprises non financières entre 25 et 50 %.

L’erreur serait de vous focaliser sur le rendement

L’erreur la fréquente des investisseurs particuliers est de regarder le rendement. Franchement, ce n’est pas un critère fiable pour mesurer la solidité du dividende d’un action.

Lorsque vous voyez une action avec un rendement élevé, vous avez tendance à tomber sous son charme. En règle générale, vous avez à faire à un canard boiteux.

En réalité, leurs fondamentaux intrinsèques sont pourris. Le management en question fait tout pour vous retenir en vous distribuant un dividende. À ce jeu-là, vous risquez de prendre cher sur le cours de Bourse. Mon mot d’ordre, coupez vos pertes et évitez de les laisser pourrir dans votre portefeuille boursier.

Exemples de titres cotées à fort rendement à éviter

Sur mon blog, je dois également faire mon devoir de prudence vis-à-vis de vous pour éviter que vous soyez des pigeons. Le rendement était une sorte d’illusion financière. Concrètement et sans faire un long récit, voici quelques mauvais exemples d’entreprises cotées en Bourse qui offraient auparavant un bon rendement comme Solocal Group (ex-Pages Jaunes), Orange (ex-France Télécom) ou encore Vivendi.

La première ne distribue plus de dividende puis n’a pas su prendre à temps le virage de l’Internet. Malheureusement, son cours de Bourse végète dans les profondeurs malgré plusieurs restructurations.

La seconde évolue dans un secteur hyper concurrentiel et déflationniste en plus d’avoir perdu le monopole sectoriel. Néanmoins, elle s’est positionnée dans le paiement mobile qui est une niche à ne pas négliger sur le long terme.

Quant à Vivendi, il y a trop d’instabilité au niveau du management malgré le recentrage sur les médias. Elle ne s’est pas remise totalement de l’ère J2M (Jean-Marie Messier). Avec Vincent Bolloré, ce n’est pas très réjouissant sur les médias avec des pertes d’abonnés sur Canal Plus.

Avec ses 3 exemples, vous voyez qu’évaluer la solidité du dividende d’une action par l’intermédiaire ne procure pas de bons résultats.

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Sovanna Sek
Sovanna SEK est un investisseur de long terme passionné par la Bourse avec pour modèle, Warren Buffett. Il vous donne des conseils pratiques pour construire et gérer un portefeuille boursier rentable sur le long terme.

Il est également un défenseur de la stratégie buy and hold et de l'or.

2 commentaires on “Comment évaluer la solidité du dividende d’une action : 6 critères à scruter”

  1. Bonjour Lionel,

    J’avoue que je n’aime pas la tournure des indices boursiers. Il se peut que les compagnies d’assurance et les fonds de pension de retraite soient amenés à prendre plus de risque en investissant dans la phase maniaque de la bulle spéculative sur le marché actions. Cependant, je persiste qu’il y a un secteur à surveiller qui est les minières aurifères.

    Personnellement, ce sont les seules à ne pas être dans la bulle.

    Cordialement.

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