Tout comprendre sur la déflation

Bien comprendre la déflation

La dernière fois qu’avait eu lieu une déflation durable, c’était lors de la Grande Dépression dans les années 1930. En 2009 au pic de la crise financière suite à la faillite de Lehman Brothers, nous l’avons expérimenté brièvement, mais les banques centrales sont intervenues en faisant marcher la planche à billets. Tout le monde pense que ce phénomène monétaire serait une catastrophe. En vérité, elle fait l’objet de propagande à l’image de l’or ou de la Russie parce que cela va à l’encontre de la pensée des économistes keynésiens. Pour cela, je vais vous aider à comprendre la déflation alors que nous sommes habitués à vivre dans un monde inflationniste qui arrange les élites financières et politiques.

Définition de la déflation

Comprendre la déflation consiste à faire le lien avec la masse monétaire. Par définition, c’est une diminution de la masse monétaire, c’est-à-dire que la quantité de monnaie en circulation dans un espace économique se réduit. Elle provoque une baisse rapide des prix nominaux mais la disparition de la monnaie ne signifie pas que la richesse d’une société est totalement détruite.

Dans ce genre de scénario, une entreprise ne parviendra pas à vendre ses biens et services au même prix qu’auparavant et sera dans l’obligation de faire des ajustements douloureux pour retrouver des marges de manœuvre et ne pas être en surcapacité de production.

Le bon côté de ce phénomène monétaire est qu’elle permet d’éliminer les effets pervers de la consommation à crédit et de responsabiliser les ménages à vivre en adéquation avec leurs moyens financiers. De ce fait, l’ajustement sera très brutal pour les États-Unis qui collectionnent les différentes bulles de crédits (étudiants, gaz et pétrole de schiste, subprimes automobile).

Prendre en conscience de la déflation remet en cause les fondements traditionnels des élites financières et politiques

La déflation est le pire cauchemar pour les banques centrales et les gouvernements pour plusieurs raisons parce que les recettes fiscales vont diminuer. Imaginez que vous avez gagné 50000 € par an sans percevoir une augmentation et les prix baissent de 5 %, vous faites un gain réel de 2500 €. Pour vous, ce sera une bouffée d’oxygène car les services fiscaux ne pourront pas le taxer. Par cet exemple, vous comprenez maintenant pourquoi l’inflation est une arme importante pour qu’ils s’enrichissent au détriment du peuple.

Elle a l’inconvénient de prendre à la gorge les États du fait que la valeur réelle de leurs dettes augmente et la rend difficile à rembourser. Si les choses ne bougent pas, leurs dettes augmenteront plus vite que leurs richesses. Sans rien vous cacher, une nouvelle crise souveraine pourrait refaire surface. Néanmoins, je ne pense pas qu’on en arrive là parce que c’est une sortie suicidaire et impopulaire pour l’establishment.

La déflation n’épargne pas la sphère privée dont les perdants sont les entreprises et les particuliers qui sont lourdement endettés au plus mauvais moment. Cela entraînerait une vague de dépôts de bilan. Pour les banques, les pertes seraient colossales à supporter et mettraient à mal leur solvabilité financière. Ainsi, les banques centrales seraient obligées d’ajouter des stimulus monétaires pour éviter une nouvelle crise bancaire.

L’autre explication des fausses élites est que ce n’est pas bon pour la consommation qui représente deux tiers de la croissance des principaux pays développés parce qu’ils sont persuadés que les ménages reportent leurs achats sous prétexte que les prix baissent. Franchement, c’est un argument peu fiable. Si votre ordinateur rend l’âme et c’est votre outil de travail, vous n’allez pas attendre plusieurs mois pour acheter un nouveau malgré la baisse des prix. Cela dit, la déflation entraîne une baisse de la consommation à cause d’une conjoncture économique incertaine. Bref, la clé de l’économie reste la confiance.

Comprendre la déflation et ses bienfaits

Les évolutions technologiques ont permis de générer des gains de productivité afin de baisser les coûts de production. Cela a favorisé la naissance d’une génération d’entrepreneurs et met à mal le business model de certains secteurs d’activité qui se reposait trop sur la manne étatique. On peut considérer cette forme de déflation comme de la destruction créatrice. Les banques centrales et les gouvernements sont dépassés car leurs modèles statistiques ne sont pas adaptées pour contrecarrer les forces déflationnistes.

La déflation permet de réduire le rôle prépondérant du système financier dans l’économie. Si une crise de liquidité ou de solvabilité d’une envergure plus puissante que celle de Lehman Brothers se produit, cela va créer une panique générale chez les acteurs de marché. Par conséquent, l’effondrement de la masse monétaire aura lieu et entraînera mécaniquement une baisse généralisée des prix. Lorsque le système financier sera remis à sa place par sa propre perte, les agents privés feront preuve de sagesse en utilisant leur cash pour financer leurs achats futurs plutôt de passer par de la dette.

Conclusion : La déflation n’est pas une fatalité

La déflation est juste un phénomène monétaire qui fait partie du cycle économique et c’est juste une correction des errements ou excès des élites financières et politiques. Leur interventionnisme est la principale cause des différentes crises au cours des dernières décennies. Le fait qu’il existe des niveaux planchers sur les salaires n’encourage pas la flexibilité du marché du travail qui est la solution pour faire face à la déflation. En se débarrassant du fardeau de l’establishment, les forces vives (c’est-à-dire les jeunes générations) pourraient exploiter pleinement leur potentiel et cela permet d’avoir une économie socialement utile dont les compétences de chacun seraient valorisées à leur juste valeur.

S’il y a un acteur de choix qui n’aime pas la déflation et risque de prendre plein la figure, c’est la Bourse dont les prix des actifs ne prennent pas compte ce scénario. Comme leurs valorisations sont très excessives, l’atterrissage sera brutal. Personnellement, je pense que la déflation est une crainte à court terme mais au final, c’est l’hyperinflation 2.0 qui l’emportera et entraînera à terme une déflation généralisée du système financier.

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Sovanna Sek
Sovanna SEK est un investisseur de long terme passionné par la Bourse avec pour modèle, Warren Buffett. Il vous donne des conseils pratiques pour construire et gérer un portefeuille boursier rentable sur le long terme.

Il est également un défenseur de la stratégie buy and hold et de l'or.

3 thoughts on “Tout comprendre sur la déflation”

  1. Bonjour Sovanna!

    Très bon résumé de ce qu’est la déflation! C’est vrai que la peur de la déflation est omniprésente depuis un certain temps. La classe d’actifs reine pendant la déflation, c’est les obligations, mais quand on voit le niveau de valorisation et les rendements négatifs sur cette classe d’actif, on peut se dire que le risque déflationniste est déjà plus que pricé (dans les bonds en tous cas).

    La situation actuelle me rappelle il y a quelques années lorsque tout le monde attendait l’hyperinflation à cause des politiques de la FED, ce qui avait poussé la valorisation de l’Or très haut. Et au final on a eu…. exactement l’inverse! Une légère déflation.

    Je me dis qu’aujourd’hui on est peut être exactement dans le même cas de figure, mais inversé : tout le monde attend de la déflation, la valorisation des obligations est surgonflée… et il est très probable que le marché nous prenne encore à contrepied et que l’inflation nous surprenne tous en reprenant le chemin de la hausse. Qu’en pensez-vous?
    Pierre de Plus-Riche.com Articles récents…Comment créer le portefeuille boursier idéalMy Profile

  2. Bonjour Pierre,

    Pour être honnête, il faut regarder l’évolution des matières premières en particulier énergie et métaux précieux et je pense que le bas de cycle est derrière nous. Au premier semestre 2016, vous avez constaté qu’il y a eu un rebond violent. Durant l’été, elles ont consolidé. Ce qui est logique d’un point de vue technique pour créer les conditions d’un nouveau rebond violent même si cela n’engage que moi.

    Pour répondre concrètement à votre question, il faut savoir que la FED veut à tout prix de l’inflation, donc dépréciation du dollar. Cela fait partie de son mandat. Le problème est qu’elle n’arrive à en avoir à cause de son premier partenaire commercial, la Chine qui exporte sa déflation. Cette dernière pourrait jouer un rôle sur l’inflation à venir aux USA avec l’entrée du yuan dans les DTS (Droits de Tirages Spéciaux) le 30 septembre 2016. N’oubliez pas que la Chine est la premier détenteur de dette américaine.

    Cordialement.

  3. C’est vrai que les matières premières se sont pas mal reprises. J’ai lu que certains attendaient un rebond de 40 à 90% dessus (apparement c’est ce qui s’est passé historiquement à chaque fois qu’il y a eu 3 ans de bear market sur les commo), mais bon les prédictions en bourse on sait que ça reste souvent approximatif!

    Merci pour la réponse en tous cas, bonne soirée!

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