Apple : Une entreprise authentique du secteur technologique

Magasin d'Apple avec son logo

Créée le 1er avril 1976 par Steve Jobs et Steve Wozniak dans leur petit garage de fortune, Apple est une entreprise américaine spécialisée dans la conception et la commercialisation de produits high-tech très prisés par les consommateurs du monde entier tels que l’iPhone, l’iPad, le MacBook Air, le MacBook Pro, l’iPod ou encore sa plateforme d’applications App Store.

Avant de renouer avec le succès à partir des années 2000, la marque à la pomme a dû passer par des moments difficiles et elle a failli être rayée de la carte au début des années 90 suite des couacs commerciaux sur les différents produits de cette époque, l’émergence de Microsoft avec Bill Gates et surtout à l’éviction de son cerveau Steve Jobs en mauvais termes avec le conseil d’administration en 1985.

Sur le plan boursier, Apple est la première capitalisation boursière mondiale à hauteur de 655,8 milliards de dollars à ce jour. En comparaison, cela représente plus de 2,5 fois le PIB de la Grèce et environ 6 fois la première capitalisation boursière de la Bourse de Paris, Sanofi.

Pour ma part, Apple est un des meilleurs exemples de redressement au niveau industriel parce qu’elle a su se remettre en question grâce au retour de Steve Jobs à la fin des années 1990 et prendre les bons virages au meilleur moment à l’image des appareils mobiles. Pour aller dans le détail, une description de la personnalité qui est au centre du succès et une analyse à la fois financière, sectorielle et stratégique sont nécessaires pour comprendre réellement les raisons de cette success story.

Steve Jobs : Le barycentre de la marque à la pomme

Si Apple est à ce stade, c’est grâce en partie à Steve Jobs par ses qualités d’entrepreneur visionnaire. Contrairement aux autres PDG de Wall Street ou du CAC 40, la pérennité de son entreprise était sa principale préoccupation. En effet, il avait l’obsession de rêver en grand pour son bébé plutôt que de percevoir des bonus financiers de fin d’année. Son salaire d’un dollar par an prouve son attachement à l’entreprise. Malheureusement, il n’y a pas de personne comme lui.

Le fait qu’il s’est imprégné un peu de la contre-culture californienne a probablement une influence sur la stratégie commerciale d’Apple en voulant casser les barrières traditionnelles du business et de l’éducation sans chercher les critiques ou la contestation. Toutefois, cette hypothèse reste difficile à confirmer ou n’a pas lieu d’être.

Enfin, l’une de ses principales qualités est sa capacité de persuasion à porter des idées simples et novatrices dans le domaine technologique à la portée du consommateur qui ne connaît pas grand-chose. Cela a généré diverses communautés de fans et des nombreux sites sur la marque à la pomme.

Le consommateur et l’authenticité de ses produits au cœur de sa stratégie

Ce que Apple a réussi contrairement à ses concurrents, c’est de comprendre ce que veut réellement le consommateur. Sa plus belle réussite par rapport à la concurrence qui a un temps de retard et l’obligation de s’en inspirer, est de casser l’obsolescence technologique, c’est-à-dire de rendre leurs produits authentiques et indispensables dans le temps.

Premièrement, ses produits sont multifonctions parce qu’on peut écouter de la musique, regarder les actualités de la presse, jouer aux jeux vidéos ou apprendre des langues étrangères à portée de main et de manière mobile. Deuxièmement, ils sont agréables à regarder au niveau du design. Troisièmement, la marque à la pomme met l’accent sur la performance, la stabilité et la sécurité de leur système d’exploitation IOS pour les appareils mobiles et MacOS pour les ordinateurs qui sont les vraies exigences du consommateur.

Grâce à l’authenticité de ses produits, Apple a réussi à créer le désir auprès du consommateur. Afin de le garder durablement, il propose un portefeuille riche d’applications gratuites via App Store puis de musique, des films via iTunes à des prix concurrentiels à ceux de la distribution traditionnelle. Enfin, l’autre astuce qui me semble perverse et intelligente de la part de la marque à la pomme est le fait que le client sera obligé de passer par elle pour remplacer un accessoire de base tel qu’un connecteur d’alimentation électrique ou un câble HDMI. En gros, Apple doit persuader dans l’esprit du consommateur qu’il n’est pas laissé à l’abandon en cas de besoin.

Les flops d’Apple

L’engouement du public envers Apple ne doit pas cacher qu’elle a connu des échecs depuis sa fondation. La preuve en image et en anglais.

Un bilan financier de grande qualité

Rentabilité et profitabilité du business d'Apple

La profitabilité via les marges opérationnelles et nettes a explosé exponentiellement jusqu’à 2012 grâce aux ventes de ses produits phares qui sont l’iPhone et l’iPad. Concernant la rentabilité sur fonds propres (ROE) et sur actifs (ROA), elles suivent la même tendance. Toutefois, depuis deux ans mis à part le ROE, l’essoufflement se fait sentir parce que l’effet de surprise sur les évolutions des produits d’Apple s’est estompé.

Bénéfice par Action en dollars

Apple a su créer de la vraie valeur pour l’actionnaire avec une croissance moyenne des BPA de 45,6 % dont les iPhones et les iPads y sont pour beaucoup. Depuis 2012, elle verse un dividende en étant très radin avec un payout ratio d’environ 28 % pour le dernier exercice.

La solvabilité financière d'Apple

Depuis 2012, Apple s’endette à taux bas en lançant ses propres obligations pour développer ses activités et chercher de nouveaux relais de croissance plutôt d’épuiser bêtement son cash. Sachant que c’est un mastodonte international, elle n’a pas besoin de l’aide des banques. En 2014, le ratio Dettes/Capitaux Propres était de 31,64 % et le montant de sa dette s’élevait à 30,3 milliards de dollars. Lors de la dernière publication trimestrielle, il a avoisiné les 54,4 milliards de dollars.

La trésorerie gigantesque d'Apple

Avec une trésorerie gigantesque de plus de 155 milliards de dollars en 2014, Apple a les reins solides pour faire face à un imprévu. Le seul bémol est qu’elle est dort dans les zones géographiques à forte attractivité fiscale. Pour rassurer de nouveau les fans de la pomme, la dernière publication trimestrielle nous dit qu’elle a dépassé le cap des 200 milliards de dollars.

Valorisation boursière et d’actif

PER 12 mois PEG VE/EBITDA Shiller PER Valeur tangible nette (juin 2015) Actif net (Juin 2015)
13 0,32 8,3 30,81 20,48 € 22,03 €

Le PER est de 13 et inférieur à celui du secteur technologique de la cote américaine à 16,3. De plus, le PEG reste attractif avec un niveau inférieur à 0,75. Toutefois, le Shiller PE (dont j’en parlerai bientôt sur le blog) est supérieur à celui du secteur et l’indice S&P 500.

Apple peut-elle aller plus haut ?

Malgré que les iPhones et l’iPads sont devenus des références, Apple ne doit pas dormir sur ses lauriers. D’une part, le secteur technologique évolue rapidement. D’autre part, c’est le consommateur qui décide. Pour ses raisons, elle doit capter de nouveaux relais de croissance :

  • En grattant des parts de marché dans un marché très fragmenté comme le streaming musical.
  • En s’attaquant à un monopole traditionnel qui sera sur le long terme, le secteur bancaire via Apple Pay uniquement disponible aux États-Unis. Pour l’instant, elle préfère s’allier avec les banques pour éviter la confrontation mais lorsque les consommateurs s’habitueront de plus en plus à payer avec leur smartphone et leur tablette, elle pourra lancer ses propres opérations de paiement. De plus, la méfiance de l’opinion publique envers le système bancaire va probablement l’aider.

Fondamentalement, Apple a facilité la vie du consommateur. Cependant, ses produits ont entrainé des forces déflationnistes sur les marchés où elle s’est positionnée. Certains détracteurs diront que ce n’est pas juste mais un moment donné, il faut s’adapter plutôt que de subir.

NB : Les informations, opinions et graphiques sont le reflet de mes convictions et utilisés à vocation pédagogique. La précision des informations apportée n’est pas garantie à 100 %. Tout lecteur doit faire sa propre opinion en faisant des recherches complémentaires afin de déterminer quelles sont les meilleures opportunités d’investissement à son profit. Vous assumez la responsabilité de toute décision prise suite à la lecture de l’article. Investir En Actions (dont le fondateur) se désengage de toute responsabilité sur vos actions et vos décisions.

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Sovanna Sek
Sovanna SEK est un investisseur de long terme passionné par la Bourse avec pour modèle, Warren Buffett. Il vous donne des conseils pratiques pour construire et gérer un portefeuille boursier rentable sur le long terme.

Il est également un défenseur de la stratégie buy and hold et de l'or.

3 commentaires sur “Apple : Une entreprise authentique du secteur technologique”

  1. Bravo excellent article Sovanna,

    Perso, bien que la croissance d’antan ne sera plus au rendez-vous pour APPLE, avec un PER de 13.0, présentement, le marché nous l’offre à un cours tout même attrayant.

    Je n’ai pas analysé APPLE de façon détaillée, mais à première vue, le bilan me semble très bon, la rentabilité excellente et les perspectives de croissance assez intéressantes sur le moyen terme.

    J’en ferai l’analyse bientôt sur mon blog et te reviendrai avec une opinion plus détaillée.
    Martin l’investisseur autonome Articles récents…Warren Buffett, l’homme déraisonnableMy Profile

  2. Bonjour Martin,

    Faites attention PER sur 12 mois par rapport aux perspectives bénéficiaires. En effet, si les bénéfices baissent sensiblement alors le PER sera anormalement élevé. Ce qui est un non sens. D’où l’intérêt de s’intéresser au Shiller PER qui prend en compte dans le temps les variations du cycle économique comme l’inflation.

    Concernant Apple, il est très rare de voir une entreprise du secteur technologique d’avoir une régularité au niveau des bénéfices. Toutefois, les investisseurs ont encore quelques doutes sur ses perspectives de croissance dans les années à venir. Pour ma part, je pense qu’elle est consciente de leurs attentes mais préfère avancer secrètement pour des raisons concurrentielles et de secrets professionnels.

    Cordialement.

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