Bien investir en actions : 6 indicateurs clés à comprendre

La majorité des investisseurs particuliers ne prennent pas le temps de comprendre les mécanismes de la Bourse. Sans surprise, ce sont toujours les derniers à participer à la fête avant que la bulle éclate. Dans le but d’éviter de faire les mêmes erreurs de la génération d’investisseurs moutonniers, voici 6 les indicateurs clés qui influencent les marchés actions à moyen-long terme et conditionnent en partie vos décisions d’investissement. À terme, j’espère qu’ils vous seront utiles pour bien investir en actions.

La liquidité, un guide pour choisir vos actions pour votre portefeuille

La liquidité d’une action se mesure par rapport à la quantité de volume des titres échangés quotidiennement en moyenne. Plus elle est grande, mieux c’est. L’investisseur pourra l’acheter et la vendre à tout moment parce que sa profondeur de marché est suffisante pour absorber les ordres d’achat et de vente sur des sommes importantes. Elle peut potentiellement vous guider dans vos choix de valeurs.

Les actions peu liquides ne signifient pas mécaniquement qu’elles sont plus risquées. En réalité, elles souffrent d’un manque de suivi de la part des analystes financiers. D’où le manque d’intérêt de la part de la communauté financière qui privilégie les grandes capitalisations.

La volatilité : Indicateur clé à maîtriser pour investir en actions

La volatilité est un critère très important à comprendre afin de bien investir en actions. Elle correspond à l’amplitude des fluctuations de son cours de Bourse sur une période donnée, puis est considérée comme une mesure du risque. Plus elle est haute, le cours augmente (ou baisse) sensiblement. L’espérance de gains (ou la perte de capital) est importante. Plus elle est basse, le cours augmente (ou baisse) modérément. L’espérance de gains (ou la perte de capital) est moins importante.

Les paramètres pouvant déterminer la volatilité d’une action sont :

  • De bons résultats qui surprennent positivement les marchés
  • Un profit warning (contraction des résultats) à la surprise générale
  • Une bonne ou mauvaise communication financière du PDG
  • Une augmentation ou une baisse du dividende
  • Une augmentation de capital
  • Les rumeurs d’OPA
  • Des événements géopolitiques
  • Les politiques monétaires des banques centrales mêmes si elles ne dictent pas les business des entreprises
  • Des cygnes noirs, c’est-à-dire des événements inattendus dont la communauté financière n’a pas prévu dans leur scénario de base et n’arrive pas à évaluer les conséquences

Forte volatilité BNP Paribas

faible volatilité L'Oréal

Sur les 2 graphiques, vous constatez la différence de volatilité entre BNP Paribas avec des montagnes russes et L’Oréal qui a des points bas de plus en plus hauts sur le long terme.

Les investisseurs institutionnels

Les investisseurs institutionnels sont les acteurs majeurs des marchés actions dont le poids des anglo-saxons reste prépondérant. Leur rôle est de dégager chaque année de la performance financière pour leur portefeuille et financer l’actuelle ou future retraite de leurs clients en respectant une politique de placement et les contraintes de la réglementation des autorités de marché. En réalité, cela va plus loin que ça. En effet, ils sont en première ligne dans le capital actionnarial de l’entreprise pour influencer leur politique stratégique même si ce sont des actionnaires minoritaires.

Dans le jargon financier, on les surnomme « les zinzins  ». Ce qui les intéresse en premier lieu, c’est que l’entreprise favorise la création de valeur actionnaire. Du coup, ils veillent que les intérêts du management de l’entreprise s’alignent sur ceux des actionnaires.

Malgré qu’ils soient peu actifs en coulisse, les fameux zinzins exercent donc une pouvoir d’influence non négligeable sur l’entreprise. Il n’est pas surprenant que leur communication financière se fasse en fonction de ses derniers. Dans le cas où l’entreprise ne répond pas à leurs attentes, les actionnaires institutionnels n’auront pas d’états d’âme à la sanctionner en vendant leurs actions. Ils chercheront à investir sur des actions qui peuvent offrir de meilleure performance.

Si vous êtes curieux, jetez un coup d’oeil sur les sites web officiels des entreprises du CAC 40. Vous verrez que la plupart d’entre elles, ont une répartition du capital actionnarial dispersée avec une concentration d’actionnaires institutionnels étrangers. En somme, l’indice phare de la place parisienne ne finance pas la retraite des Français mais celle des étrangers en particulier des anglo-saxons. Ont-ils une influence sur votre façon de bien investir en actions ? Je ferais malheureusement une réponse de Normand. Oui parce que ce sont eux qui déclenchent les mouvements importants de marché. Non parce que leurs objectifs d’investissement ne sont pas les mêmes que les miennes ou les vôtres.

Les places financières mondiales par taille

Courtesy of: The Money Project

D’après les images ci-dessus qui valent mieux qu’un long discours, Wall Street (NYSE et Nasdaq compris) est le plus gros marché actions mondial avec une capitalisation boursière de 25 935 Md$ en novembre 2015, soit 38 % du total. Cela signifie que plus d’un tiers des transactions sont réalisées chez l’Oncle Sam. Le fait que le dollar soit la devise de référence internationale, y est pour quelque chose.

Le marché parisien qui fait partie de l’entité d’Euronext, est une miette par rapport à Wall Street. Il est détenu entre 45 et 50 % par des investisseurs étrangers. Suffisant pour dire que c’est un marché suiveur, d’où le fameux proverbe boursier « Quand Wall Street éternue, Paris s’enrhume ».

En cas d’incertitude économique, géopolitique ou politique, les investisseurs étrangers qui sont majoritairement anglo-saxons, ont tendance à sortir leurs capitaux en provenance d’Europe, d’Amérique Latine ou d’Asie pour aller se réfugier vers Wall Street. Si cette dernière n’a plus la cote, on n’est pas très loin de l’irréparable.

La leçon à retenir pour bien investir en actions est d’être attentif sur l’évolution du cycle boursier de Wall Street parce que c’est aux États-Unis qu’ont lieu les krachs les plus retentissants.

Le poids astronomique des produits dérivés

Le passage de la cotation électronique a permis l’émergence du marché des produits dérivés à partir des années 1990 alors qu’il était inexistant auparavant. Avec la révolution d’Internet et la croissance de l’activité des hedges fund, son poids a pris une ampleur considérable dans le système financier. En toute sincérité, l’émergence des produits dérivés a en partie favorisé la vision court termiste de la majorité des acteurs de marché, dont la frénésie spéculative.

D’après la BIS (Banque des Règlements Internationaux) en décembre 2015, le montant des produits dérivés en circulation avoisinait 492 000 milliards de dollars. Cela représente plus de 7 fois la taille des marchés actions. Le secteur bancaire est naturellement exposé en particulier sur les dérivés de taux. Comme les places financières mondiales sont interconnectées entre elles, une hausse brutale des taux d’intérêt provoquerait une panique générale sur le marché obligataire et mettre à mal le business des banques commerciales. Avec des niveaux de dettes gigantesques dans le public et le privé, je me dis qu’une légère hausse de taux serait également fatale.

Dans une situation de stress financier, les acteurs de marché vendent ce qu’ils peuvent, pas ce qu’ils veulent. Sur un actif financier à effet de levier, ils doivent respecter un appel de marge, c’est-à-dire un montant de dépôt suffisant pour couvrir les pertes. Si un incident majeur se produit et les conditions de marché ne permettent pas de vendre alors ils commencent à vendre les actifs les plus liquides, donc les actions pour avoir du cash et répondre aux exigences de l’appel de marge.

Les taux d’intérêt : Indicateur clé très formateur

Les taux d’intérêt jouent un rôle déterminant sur l’évolution des prix des actifs financiers. Quand une bulle prend forme sur un actif financier, il éclatera lorsque les vannes du crédit se contractent. Quand les taux d’intérêt sont bas comme c’est le cas à l’heure où j’écris, les prix des actifs financiers sont à des niveaux records et ce n’est pas forcément le moment propice pour prendre des décisions d’achat sur le marché actions. La bulle des actifs financiers sautera pour de bon en constatant des sorties de capitaux qui se dirigeront vers d’autres secteurs d’activités. Prenons l’exemple de la bulle technologique qui a éclaté en 2000. Les capitaux sont sortis des marchés actions, plus précisément du Nasdaq – puis sont venus sur le marché de l’immobilier américain avec l’émergence des subprimes.

Evolution Fed Fund Rate

Par ailleurs, les taux d’intérêt sont étroitement liés avec le taux d’inflation. Lorsque les taux d’intérêt sont bas, le crédit n’est pas cher et l’inflation augmente si la monnaie circule dans l’économie réelle. Si les taux d’intérêt sont très élevés à l’image des États-Unis en 1980, l’inflation s’érode sensiblement à cause de l’assèchement pur et simple du crédit.

Le graphique des taux d’intérêt aux États-Unis montre que chaque cycle de hausse a abouti à une récession (partie grisée). Si la présidente de la FED, Janet Yellen tente une nouvelle fois de monter les taux, beaucoup de gérants et experts économiques pensent que ce sera positif pour l’évolution des marchés financiers car cette fois-ci, c’est différent et tout est sous contrôle. Malheureusement, ils ne prennent pas en compte d’autres paramètres de l’émergence du Nouvel Ordre Mondial qui influencera à terme les habitudes d’investissement des investisseurs.

Bref, pour le marché actions, j’en déduis ce graphique.

évolution taux intérêt et marchés actions

La leçon à retenir pour bien investir en actions est que l’éclatement d’une bulle alimente après la purge, une autre.

Les qualités pour bien investir sur le marché actions

En plus de ses indicateurs clés, vous devez faire preuve de plusieurs qualités pour réussir vos investissement en actions sur le long terme :

  • Être indépendant dans vos décisions d’investissement. Les gérants qui soignent leur image chez les médias, n’ont pas cette qualité et il n’est pas étonnant que les sociétés de gestion se copient entre elles.
  • Être patient parce que la Bourse est un marathon sans fin.
  • Être averti en cherchant les bonnes informations et en regardant les états financiers entre les lignes.
  • L’esprit d’entrepreneur. Vous devez assumer les risques dont vous êtes prêt à tolérer.
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Sovanna Sek
Sovanna SEK est un investisseur de long terme passionné par la Bourse avec pour modèle, Warren Buffett. Il vous donne des conseils pratiques pour construire et gérer un portefeuille boursier rentable sur le long terme.

Il est également un défenseur de la stratégie buy and hold et de l'or.

3 commentaires on “Bien investir en actions : 6 indicateurs clés à comprendre”

  1. Bonjour,

    Pour démarrer de bon pied en Bourse, il est important ce qui entoure les marchés financiers. A vrai dire, apprendre l’analyse fondamentale et l’analyse technique est à la portée de tous. Par contre, chaque investisseur (qu’il soit particulier ou professionnel) n’a pas les mêmes perceptions. C’est pour cette raison qu’il y a aucune stratégie miracle pour gagner en Bourse.

    Cordialement.

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